Hippocrate est le premier film de Thomas Lilti qui choisit de parler d'un milieu qu'il connaît et qu'il a fréquenté, l'hôpital. La caméra suit un stage d'internat de Benjamin, fils du chef de service. Il arrive assez confiant sur ces capacités comme tout bon interne, il va mettre ses compétences à rude épreuve. Les gardes de nuit sont surtout pour lui des moments où il a du mal à prendre ses responsabilités et cela va engendrer des situtations complexes. Dans ce service, il va faire la connaissance d'Abdel, un médecin algérien obligé de faire valider un diplôme en France par un internat, des stages et des validations à l'université. Finalement à mes yeux, c'est la rencontre avec Abdel qui est le plus intéressant dans le film. Parce que finalement avec les nombreuses séries américaines sur le monde hospitalier, on a déjà vu et revu les premières fois d'un interne avec ses doutes et ses remises en question. Par contre, la vie d'un hôpital français est rythmée de revendications de matériel en bon état et de personnels en quantité suffisante. La vie d'un médécin étranger qui doit accepter d'être traité comme un étudiant en apprentissage alors qu'il a dix ans de pratique derrière lui n'est pas un sujet souvent traité. Dans le film Tellement proche d'Eric Toledano et Olivier Nakache, Omar Sy joue un interne en médecine qui est considéré par les patients comme un homme de ménage ou au mieux comme aide-soignant seulement parce qu'il est noir. Dans Hippocrate, le racisme est plus incidieux. Ce n'est pas le coeur du film me direz-vous, mais c'est pourtant ce qui m'a intéressé. Cela m'a plus intéressé que de suivre les angoisses d'un jeune interne.
Le film est sympa. Il a un certain succès parce que c'est un premier film et qu'on lui pardonne ses nombreux défauts et ses maladresses. Je trouve excessive l'utilisation des gros plans (de face, de dos et de profil). Ce n'est pas le gros plan qui nous pousse à entrer dans la tête du personnage. Mais bien le jeu de l'acteur. Et franchement le jeu de Vincent Lacoste est en surface quand on compare au jeu de Reda Kateb, un excellent comédien. Et j'ai aussi trouvé le cadrage, le travail du cameraman assez tremblant, ce qui donne une impression d'amateurisme. Finalement le film est sympa, on passe un moment agréable, on oublie les petits défauts pour apprécier l'ensemble.