Töchter signifie Filles en allemand. Une amie et moi sommes allées au festival du cinéma allemand. Nous avons sélectionné ce film, un peu par hasard, parce que l'horaire nous convenait. J'avais regardé la programmation sans trop savoir comment choisir...
Le film raconte l'histoire d'Agnès qui part à la recherche de sa fille Lydia, fugueuse. Les premières images sont assez glauques. En effet, elle a été appelée pour reconnaître un corps. Mais ce n'est pas sa fille. Elle va arpenter les rues de Berlin, des quartiers parfois loin de son univers pour essayer de la retrouver. Elle va faire la rencontre d'une SDF s'appelant Inès. C'est cette relation pleine d'ambiguité qui va être au coeur du film.
Inès parle beaucoup plus que Agnès parfois pour brouiller les pistes. Connait-elle Lydia ? La rencontre serait-elle vraiment fortuite ? Ne se sert-elle pas de la détresse de cette mère pour combler son manque affectif, son manque de nid douillet, son manque d'amour ? Parfois, on dirait qu'elles s'affrontent et d'autres fois on dirait qu'elles prennent soin l'une de l'autre.
Comme d'autres oeuvres allemandes que j'ai vues, ce film comporte du nu (sans pudeur, sans gêne, typiquement allemand, je trouve). C'est un film assez lent, avec beaucoup de gros plan, d'autres plans où la caméra suit seulement Agnès roulant à la recherche de sa fille. J'ai ressenti quelques longueurs. Et la fin surprend comme une claque. L'ambiguité des relations entre ces deux femmes m'a vraiment intéressé. La caméra était comme tendre avec ces abimées de la vie. Cela nous pousse à éprouver de la tendresse pour ces deux forts caractères. Un film sur les femmes par une femme, Maria Speth.