A mes yeux, la Comédie française est et reste un lieu mythique. Je suis arrivée près de 40 minutes avant le début de la pièce. La salle était encore vide et j'avais plaisir à regarder le plafond, les ouvreuses en action, les gens s'installer. J'étais au poulailler et à côté de moi s'est installé un groupe de jeunes allemands.
La pièce a commencé sans les trois coups du brigadier (le seul petit détail manquant à ma soirée théâtre). Et les premiers temps, je me suis inquiétée. Je n'arrivais pas à comprendre les paroles de la grand-mère. Le vieux français ou les alexandrins, je ne saurais expliquer ce qui coinçait mais je n'arrivais pas à suivre. Puis le personnage de Dorine est arrivée sur scène. La comédienne Cécile Brune m'a tout de suite réconciliée avec le texte de Molière. Elle incarnait le personnage, nous racontait l'histoire et nous a tous pris par la main pour nous entraînait dans cette histoire. Dorine est la suivante de Mariane, la fille d'Orgon. Tartuffe est installé chez Orgon qui boit ses paroles et le place sur un piedestal. A tel point qu'Orgon va organiser le mariage de sa fille Mariane avec Tartuffe et qu'il va lui léguer tous ses biens. L'entourage d'Orgon, sa fille Mariane, la servant Dorine et sa femme Elmire vont tout faire pour ouvrir les yeux d'Orgon et empêcher le mariage. Mariane est amoureuse de Valère (personnage particulièrement drôle dans cette version de la Comédie française). Tartuffe est interprêté par Michel Vuillermoz et Orgon par Dider Sandre, deux grands noms du théâtre. C'est un plaisir de les voir sur scène, mais sincèrement tous les comédiens sont excellents, juste un bémol sur la mère d'Orgon, ayant un phrasé pas facile à suivre.
La mise en scène est signée Galin Stoev. Deux panneaux sont placés en V et semblent avoir des mirois, mais en fait il y a un trou permettant de suivre les personnages sortant de scène et créer des espaces de jeu supplémentaires. Sur le placement des comédiens, c'était assez classique sans avoir beaucoup de sens et d'intérêt. J'ai beaucoup aimé les costumes. Ils semblent très traditionnels, de longues robes trainant sur le sol, mais en même temps ils ont une touche moderne.Mais tous les personnages sont bien habillés et du coup à part Tartuffe en noir, il n'y a pas de représentation des statuts sociaux. Ce qui était présent dans les travaux de Molière.
Le bilan est mitigé. Le meilleur est le coeur de la pièce. Le début de la pièce n'est pas très claire et la fin est elle aussi un peu complexe. Cela rappelle les dissertations où on a du mal à écrire l'introduction et la conclusion mais le coeur de la rédaction en vaut le coup. Et puis Tartuffe c'est un classique de Molière ! Le regret est vraiment au niveau de la mise en scène.