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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 10:05

Ken Loach a reçu une seconde palme d'or grâce au film Moi, Daniel Blake. Un film social centré sur le personnage de Daniel Blake qui arrête de travailler à cause d'un problème cardiaque. Il va à l'équivalent du Pôle Emploi anglais. Et là, franchement, il va se trouver face à une administration dans tout ce qu'il y a de pire. Juste une personne fait preuve de gentillesse et d'attention. Les autres personnels ressemblent à des machines. Tu ne rentres pas dans les clous ? tant pis pour toi. Tu ne recevras rien ! Prépare toi à être dans une merde noire. Dans ce bureau, il rencontre Katie accompagnée de ses deux enfants qui se fait éjecter du bureau parce que le dialogue est inexistant avec l'administration. Le film va nous montrer leur solidarité entre Daniel et la famille de Katie dans une galère des plus difficiles où aucun argent ne rentre, où la maison part en morceaux, où les meubles doivent être vendus pour payer les factures...

Pourtant le film n'est pas dans le pathos. Je n'ai pas eu l'impression que le réalisateur faisait tout pour me tirer les larmes. Je suis touchée cependant le film navigue entre le documentaire et le films militant. Le scénario n'est pas des plus originaux, on peut deviner les quelques rebondissements. Mais les personnages sont très attachants, les acteurs très justes et les plans très travaillés. Un film à voir par tous, juste pour savoir à quoi pourrait ressembler un service administratif privatisé dans un monde aseptisé où le capitalisme est roi. Juste pour ne pas oublier notre humanité.

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Lili, la Freudreuse - dans Cinéma
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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 12:29

Nouveau film Marvel, Doctor Strange raconte l'histoire du Dr Stephen Strange, un neurochirurgien, arrogant et imbu de sa personnage, joué par Benedict Cumberbatch. Christine, son amie jouée par Rachel MacAdams, travaille au service des urgences, l'apprécie et le sollicite pour les cas un peu désespérés. 

Un soir, dans son bolide, le neuro-chirurgien a un accident de voiture qui va le priver de l'usage de ses mains. Cela va l'anéantir. Il va chercher par tous les moyens de retrouver sa vie d'avant. Il part en désespoir de cause au Népal et rencontre l'Ancien, joué par Tilda Swinton. Elle va lui apprendre qu'il a en lui une force, une magie qui le permet de guérir. Il va apprendre à découvrir le monde du miroir, des techniques de méditation, des techniques de combat, et de la magie. Il s'instruit avec un maximum de lectures. Il va pouvoir agir sur la vision, le temps, l'énergie... 

Avec cette magie, dans le monde du miroir inversé, on voit les immeubles devenir mouvant,un peu comme dans Inception. Du coup, les poursuites deviennent sens dessus dessous. Le film est très recherché du point de vue esthétique. Avec une pointe d'humour, de l'action et des rebondissements, il nous rappelle d'autres Marvel, Iron Man ou Les Gardiens de la Galaxie. Mais l'apparition de la cape et du personnage de l'Ancien apporte un plus non négligeable. On passe un moment très agréable et on en redemande ! La qualité du casting avec Benedict Cumberbatch, Tilda Swinton, Rachel MacAdams et Chiwetel Ejiofor est impressionnante. Le film y gagne en force. Le méchant incarné par Mads Mikkelsen est effrayant et rajoute du sel dans le face à face avec Dr Strange. Un film pour les amateurs d'aventure et de science fiction : un régal !

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 10:50

Troisième opus de Bridget Jones, ce film se situe près de 10 ans après le second film. Bridget va fêter ses 43 ans, seule et célibataire encore... Mais sa collègue, présentatrice télé, la pousse à sortir et à coucher avec le premier venu pour se détendre. Elle l'emmène dans un festival de musique et ainsi Bridget couche avec Jack. Quelques semaines plus tard à un baptême, elle est la marraine et le parrain est Mark Darcy. Une chose en entraînant une autre, ils se retrouvent au lit.

Quand elle va se rendre compte qu'elle est tombée enceinte, la question est de savoir qui est le père. C'est tellement focalisé sur cette question que j'ai été étonnée qu'elle ne s'interroge pas sur ses capacités à être une bonne mère. Pourtant elle reste toujours maladroite et gaffeuse. Les deux pères potentiels sont très différents, un Anglais avocat et droit dans ses bottes face à un Américain, créateur d'un site internet sur des algorithmes analysant les relations amoureuses. Surtout un homme avec lequel elle a une histoire de dix ans et un inconnu.

Je me suis vraiment bien marré. Il y a de nombreux gags. Et des moments où j'ai eu les larmes aux yeux (la première échographie et la naissance). Il faut dire que je reste sensible sur les thématiques de maternité. C'est un film sympathique surtout pour les aficionados de Bridget !

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 10:35

C'est l'adaptation de la pièce de théâtre que le réalisateur Rainer Weiner Fassbinder a écrit un an avant la sortie du film. Le film a été tourné en 10 jours.

Petra Von Kant est une célèbre créatrice de mode. Veuve de son premier mari et divorcée du deuxième, Petra habite avec Marlene, styliste et assistante qu'elle se plaît à maltraiter et humilier comme son esclave. Son amie Sidonie lui fait rencontrer une jeune femme d'origine modeste, Karin. Elle va lui proposer de partager son appartement et de bénéficier de ses appuis pour se lancer dans le mannequinat... Mais surtout elle va tomber follement amoureuse de Karin.

Le film ne se déroule que dans la chambre de Petra, dont un mur est recouvert du tableau Midas et Bacchus de Nicolas Poussin. Ce huis clos construit en actes en passant d'une période à une autre par des fondus enchainés. En fait, il n'y a que peu d'action, mais surtout des conversations. Cela s'ouvre sur la conversation entre Sidonie et Petra sur leurs divorces et les difficultés de la vie conjugale. Petra reçoit son amie sur son lit, cela donne une drôle d'impression... de laisser aller... comme un refus des règles sociales bourgeoises. Mais Petra travaillant dans la mode joue avec les costumes, les perruques, le maquillage, elle se crée pour chaque scène. Quand elle invite Karin pour leur premier rendez-vous toutes deux sont vêtues comme des déesses grecques. Elles discutent en bougeant peu et jouant avec une mise en scène sobre. Marlene, l'assistante, est muette et obéit à Petra calmement.

Je ne trouve pas que ce soit le meilleur film de Fassbinder. J'ai ressenti un peu d'ennui, j'ai eu du mal à m'intéresser au personnage de Petra van Kant. On dira une diva qui fait des caprices parce que Karin ne ressent pas le même amour qu'elle. Karin n'est pas lesbienne et va retourner vers son mari. Bien sûr, Fassbinder travaille beaucoup sur les plans et les cadrage. Mais je parlerai pas de chef d'œuvre. Je vous conseillerai d'autres films de Fassbinder : Le mariage de Maria Braun ou Lili Marlen.

Les larmes amères de Petra van Kant
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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 10:07

Die Geschwister est un film de Jan Krüger proposé dans le cadre du festival du cinéma allemand projeté au cinéma l'Arlequin à Paris.

Le rôle principal est le personnage de Thies, un gérant immobilier strict dans son travail et discret sur sa vie privée. Lors d'une visite d'appartement, il remarque Bruno et sa sœur Sonja. Bruno va l'attendre lors d'une séance de footing et lui laisse son numéro de téléphone. Les deux hommes deviennent amants. Thies s'intéresse à la situation de Bruno et Sonja. Il va les aider et leur offrir un logement que son agence considère comme libre. Thies va baisser sa garde et s'attacher à Bruno. Mais Bruno comme Sonja ne veulent rester attachés qu'à eux. Un duo frère-sœur où Thies pense y trouver sa place jusqu'à un weekend en Pologne qui va déclencher des déchirements dans leur relation.

Thies n'est pas un homme très social. Il n'a pas de lien amical avec ses collègues de travail. Mais prends de son temps pour aider un brocanteur. Il s'attache à lui et à son ex-femme malade.

Il est contacté par un collectif contre le mal-logement et ne va pas comprendre leur démarche. Son altruisme n'est pas collectif mais très ciblé.

Le film va beaucoup parler de libertés, la liberté de consommer, de payer, d'aimer avec sexe mais sans engagement et d'aimer sans sexe mais avec engagement. Mais sa liberté n'est-elle pas limitée par la liberté de l'autre ?

Le réalisateur va concentrer les plans sur Thies et sur une musique d'accompagnement légère et envoutante. Le film prend son temps avec des plans dans une voiture, régulièrement. Pas de longueur mais quelques lenteurs. C'est un joli film.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 11:17

Ida

Ida, film polonais de 2013, de Pawel Pawlikowski, a reçu trois prix : un Goya, un BAFTA et un oscar.

Anna, jeune orpheline jouée par Agata Trzebuchowska, est à quelques jours de devenir nonne. La mère supérieure lui impose de rencontrer sa tante, sa seule famille pour confirmer son désir de devenir sœur. Elle part avec sa petite valise à la rencontre de Wanda et apprend qu'elle est juive et s'appelle Ida. Le duo Wanda et Ida va visiter plusieurs villes pour comprendre ce qui est arrivé aux parents de la jeune fille. Le duo semble improbable, une future nonne face une femme libérée, fumant, buvant et baisant.

Le voyage est sobre, sec vers une histoire dure du nazisme en Pologne. Les plans sont très souvent fixes avec un cadrage où on alterne entre gros plans et plans très larges. Deux particularités à noter le format carré et l'utilisation du noir et blanc. Il y a un sens de l'épure et de l'austérité dans la réalisation. Le personnage d'une future nonne qui apprend en quelques jours avec sa tante tout son passé est intriguant. C'est bien elle et son intériorité qui nous fascinent. Tous les événements la bouleversent et la changent. Que va-t-elle décider par rapport à son entrée dans les ordres ?

Bon, un conseil, pour apprécier le film, il ne faut pas être fatigué, car les yeux peuvent se fermer et l'endormissement survenir. La courte durée d'1h19 nous force à tenir jusqu'au bout. Je ne critique pas la lenteur, ni la beauté de ce film; mais j'étais trop fatiguée pour apprécier, j'avais les yeux qui se fermaient. Le scénario est assez fort et la jeune fille vraiment touchante alors je n'ai pas dormi. :)

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 16:50

Sorti en 1950, Sunset Boulevard a été écrit et réalisé par Billy Wilder.
Le film en noir et blanc commence par la fin et puis repart au début en s'appuyant sur une voix off, peu présente. Elle appartient à un scénariste d'Hollywood en difficulté, Joe Gillis. Il a du mal à vendre ses nouveaux scénarios et commence à accumuler des dettes. Il est poursuivi par des créanciers, concernant sa voiture. Lors d'une poursuite sur Sunset Boulevard, il crève un pneu, et tente de cacher sa voiture dans le garage d'une maison qui lui parait abandonnée. En réalité, il se rend vite compte que sa propriétaire est en réalité Norma Desmond, une vieille gloire du cinéma muet. Après avoir pris le jeune homme pour un croque-mort, elle apprend qu'il est scénariste et lui propose de retravailler le scénario de Salomé qui lui tient à cœur. Joe Gillis va se retrouver au fur et à mesure coincer dans cette villa. Couvert de cadeaux et de l'amour de Norma, il va tenter plusieurs fois de s'échapper, notamment en retravaillant un de ses anciens scénarios avec la belle Betty. Norma Desmond obsédée par les signes de son âge va tout faire pour retrouver sa jeunesse alors que, lui, tombe amoureux d'une plus jeune. L'ancienne star du muet ne rêve que d'une chose, retrouver les plateaux de cinéma et ressentir l'amour des fans et l'amour de Joe. Cela va la rendre folle.

En jouant avec différents plans et avec la lumière, la mise en scène offre un film noir qui décrit l'effondrement d'un empire et les difficultés de ne pas vivre avec son temps. Par exemple, quand Norma Desmond vient dans les studios de la Paramount, elle rencontre Cecil B. DeMille. Un des projectionnistes éclaire la star avec un gros spot et là tous les gens du plateau l'entourent. Elle revit sa gloire passée pendant le temps de cet éclairage.

Billy Wilder soigne la présentation de son bijou sur la déchéance d'une star du muet dans le monde du cinéma parlant. L'ironie est présente par petites touches dans chaque scène du film.

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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 15:20

Cape Fear titre original du film Les nerfs à vif a été réalisé par J. Lee Thompson en 1962, d'après le roman Un Monstre à abattre de John D MacDonald, paru en 1958.

C'est l'histoire de l'avocat M. Sam Bowden et sa famille qui vont être harcelés par Max Cady, tout juste sorti de prison, après une condamnation de 8 ans pour agression sexuelle. Max Cady va poursuivre cette famille, car Sam Bowden a témoigné contre lui et son témoignage a permis sa condamnation. Il les menace, il les suit et fait naitre en chaque membre de la famille Bowden une angoisse permanente.

D'ailleurs, cette angoisse est né également en moi. J'ai vraiment eu de ces poursuites et cet homme incarné de façon terrorisante par Robert Mitchum. Il a une corpulence effrayante et une présence à l'image d'un animal qui guette sa proie ; mais il ne semble pas fou, juste un animal froid et calculateur. Gregory Peck joue le rôle de l'avocat qui tend tant bien que mal de jouer le rôle de protecteur de sa famille, tout en respectant la loi, vu son métier. Le criminel s'appuie sur la légalité de ses actes et l'absence de preuves pour intensifier son harcèlement. C'est justement ce qui m'a le plus intéressé et le plus angoissé. Avec cette question, en forme d'épée de Damoclès, comment s'en sortir ?

En jouant sur la musique et la photographie, le film nous prend aux tripes. L'interprétation des deux rôles principaux masculins sont impressionnants. Je ne ferais aucune comparaison avec le remake réalisé par Martin Scorcèse où le duo d'acteurs était incarné par Robert de Niro et Nick Nolte, n'ayant pas vu ce film. Cette version de 1962 m'a vraiment fait flipper et j'ai adoré !

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 09:43

Film de 1944, Laura a été réalisé par Otto Preminger et s'inspire du livre éponyme de Vera Caspary. Le film commence avec le début de l'enquête sur la mort de Laura Hunt. Elle travaillait dans la publicité et son cadavre a été découvert dans son appartement. L'enquêteur, Mark McPherson, va interroger l'entourage de Laura pour connaître la jeune fille et essayer de comprendre qui aurait pu l'abattre. Il va interroger son ami, le journaliste, Waldo Lydecker joué par Clifton Webb, l'homme qui l'a aidé à entrer dans le monde et à progresser dans sa carrière. Mais il va aussi s'intéresser à son fiancé, Shelby Carpenter joué par Vincent Price, un charmeur peut être pas très fidèle. Au fur et à mesure de l'enquête, l'inspecteur Mark McPherson s'attache à Laura et Lydecker lui fait remarquer. Une révélation finale surprendra le spectateur.

Un film noir avec des interprètes de qualité se fait surtout remarquer par un travail fin sur la photographie. Joseph Lashelle a gagné l'oscar de la meilleure photographie en 1945. Le film a été nominé dans les catégories : Meilleur réalisateur, Meilleur scénario, Meilleur décor et Meilleur second rôle pour Clifton Webb.

C'est un film très marquant et très beau. En tant que spectateur, on s'attache à cette jeune fille, on s'interroge sur chaque suspect. La photographie a mérité son oscar, par la grande maîtrise et la douceur mais la réalisation par les choix de plans et l'utilisation de la lumière est vraiment très bien. Le film ne cherche pas à nous provoquer des émotions mais bien à étudier chaque personnage dans leur caractéristique. C'est un très beau film à voir et revoir.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 10:20

Joseph L. Mankiewicz s'est approprié une courte nouvelle de Mary Orr, The Wisdom of Eve, achetée par la Twentieth Century-Fox sans but précis.

L'histoire se situe dans le monde du théâtre. Le film s'ouvre sur la remise du prix Sarah Siddons à une jeune comédienne Eve Harrington, jouée par Anne Baxter. Alors qu'elle profite du stand-ovation, on voit une table de personnages qui n'applaudissent pas. Son entourage se souvient de sa carrière fulgurante. Elle a commencé dans une ruelle à attendre la fin du spectacle où jouait son idole Margo Channing, jouée par Bette Davis. Avec l'aide de Karen Richards, jouée par Celeste Holm, elle rencontre la grande comédienne. Elle va devenir son assistante en essayant d'anticiper tous ses besoins. Puis va par tous les moyens essayer de lui prendre sa place, son homme et sa réputation.

Sous un visage d'ange, se cache une terrible ambitieuse. Eve s'insinue dans un groupe d'amis, dans un couple, dans un groupe de travail. Elle va perturber leur équilibre fragile. Le scénario est génial, cynique et subtil. Les rebondissements sont bien trouvés. La mise en scène reprend des formes théâtrales. L'histoire se déroule à New York dans le quartier des théâtres à Broadway mais fait de nombreuses références à Hollywood et au cinéma.

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