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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 17:14

http://www.trinidad-g.com/dossiers/1328547884/affichemauditkarmabd.jpgMaudit Karma est à l'origine un roman de David Safier. Trinidad a lu en espagnol ce roman publié en premier en allemand. Elle le joue en français et une amie italienne envisage de le monter en italien. Un spectacle européen, semble-t-il. Trinidad a adapté ce texte de plus de 300 pages en une pièce de 60 pages. 

 

C'est l'histoire de Kim Lange, une présentatrice vedette de la télévision allemande. Elle va nous raconter sa mort et ses différentes réincarnations. Kim Lange incarne la femme ambitieuse qui sacrifie sa vie de famille pour le succès dans son travail. Sa mort survient le jour où elle reçoit une récompense pour son travail d'animatrice de talk-show. Elle rencontre Boudda qui lui indique que son mauvais karma l'empêche d'être réincarné en humain. Ses réincarnations multiples vont la pousser à obtenir du bon karma.

 

Trinidad concentre l'histoire sur la mort et les réincarnations et par conséquent sur les états d'âme de Kim Lange. La pièce est un spectacle seule-en-scène. Pour les échanges avec d'autres personnages, le metteur en scène a opté pour l'utilisation de voix off d'homme enregistrés et de jeux de lumière. Elle incarne les voix féminies : sa fille et sa rivale auprès de son mari. Trinidad, comme dans ses spectacles précédents, est énergique et dynamique. 

 

Le spectacle met du temps à démarrer. Le temps de poser les personnages et l'histoire. Le temps d'arriver aux réincarnations. Parfois, je me dis que si le spectacle avait démarré sur les réincarnations, cela aurait resserré le spectacle sur le coeur de l'histoire. C'est ce passage le plus drôle. Kim Lange dans le corps d'insectes et de rongeurs. Ses interactions avec les autres animaux. Ses rencontres. Les rires ont commencé à se faire entendre dans la salle à partir des interprétations par Trinidad de tous ces animaux. Elle nous entraîne dans de nouveaux mondes. 

 

Le bilan reste pourtant mitigé. Le rire est là, la morale finale aussi. Mais 1h20 de spectacle pour raconter l'histoire d'un roman c'est pas simple, ca donne quelques longueurs, quelques raccourcis. La mise en scène avec des voix off et des jolies lumières rend la pièce très vivante et dynamique. Mais cela reste un spectacle moins marquant que La Conversion de la Cigogne où Trinidad proposait ses propres textes et nous emmenait dans son propre univers. Cela reste un spectacle intéressant à découvrir.

 

Maudit Karma

Du 7 au 28 juillet 2012 à 13h50

Théâtre le Cabestan

Avignon

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 20:30

C'est l'histoire de Stockmann, un médecin dans les Thermes d'une petite station thermale. Il découvre que les eaux sont contaminées et veut révéler le scandale. Son frère, qui n'est autre que le maire du village tente à tout prix de l'empêcher de faire éclater ce scandale qui obligerait la ville à débourser des millions en travaux d'assainissement.   

 

Thomas Ostermeier propose une adaptation de la pièce "Un ennemi du peuple" de Henrik Ibsen programmée au Festival d'Avignon en 2012. Le spectacle est présenté en allemand surtitré en français à l'Opéra-Théâtre d'Avignon. 

 

La pièce s'ouvre sur l'appartement de Stockmann. Un appartement moderne. L'histoire est transposée de nos jours. Les murs sont noirs, des dessins blancs peints dessus, une table dressée où un ami mange un plat de pâtes. Le frère de Stockmann l'attend. Ils discutent mais le médecin ne révèlera rien. Des amis sont chez lui, ils dînent et répètent deux morceaux de musique (un guitariste, une percussioniste, un au micro et un au clavier). Dans la pièce la musique 

Pour signaler que nous sommes passés au lendemain, un des comédiens dessine sur le mur une radio et écrit "Am nächsten Tag", le prochain jour en allemand. D'ailleurs, pour signifier l'après-midi, il suffira d'ajouter "Mit" devant Tag et le tour est joué. Cette utilisation des murs en ardoise est très ingénieuse.

C'est au courrier que Stockmann obtient la confirmation de ces soupçons. Les premières réactions de son entourage sont des soutiens, de l'enthousiasme pour dénoncer le scandale. Mais au fur et à mesure, leurs opinions virent de bord. La figure d'autorité que représente le maire et ses talents d'orateur les convainquent des dangers que le scandale aurait sur l'honneur de la ville. Ses amis journalistes retournent leur veste assez facilement. 

Dans la version d'Ibsen, les conséquences sont terribles pour le médecin qui perd sa clientèle et devient "l'ennemi du peuple". Dans la version d'Ostermeier, le médecin décide de s'exprimer devant le peuple, en l'occurence devant les spectateurs de l'opéra. Le maire et le responsable éditoriale du journal descendent dans le public. Un vrai débat s'est ouvert avec les spectateurs ce 24 juillet. Une traductrice a rejoint le maire pour qu'il puisse comprendre les revendications des spectateurs d'Avignon. Il est arrivé que les comédiens allemands tentent de répondre en français, mais cela ne leur était pas aisé. Le débat était à la fois sur le thème des eaux usées à décontaminer et sur les revendications d'un monde meilleur. On rêve d'un monde bio, sans pollution, sans hyperconsommation, mais dans la vie, aucune action, aucune implication, aucune conséquence des beaux discours sur nos consommations. Le théâtre reprend son cours et Stockmann se fait agresser par des billes de peinture. Son discours dénonçant des eaux usées dans les Thermes l'isole, lui fait perdre son boulot. Il envisage de partir mais un revirement survient. La pièce permet de se poser beaucoup de questions sur les rapports à l'autorité, sur nos convictions et leur application au quotidien, sur l'impact de nos mots sur les autres... 

Je ne jugerai pas le jeu des acteurs allemands, car j'étais tellement mal assise dans l'opéra que je n'ai pas vu tout le temps leur interprétation. La mise en scène est moderne, osée et réfléchie (ce dont j'ai parfois douté, mais tout s'explique). 

C'est une pièce qui va marquer les bobos et les biobios, qui va déplaire aux consommacteurs effrénés. Pour ma part, je trouve cela important que le discours sur la décroissance ne reste pas utopiste. on se pose beaucoup de questions sur la part d'adaptation de Ostermeier vis-à-vis du texte du XIXème de Ibsen. En tout cas, je trouve que c'est un spectacle à conseiller.

 

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 15:12

Au festival d'Avignon, dans la programmation du OFF, est proposé un spectacle de claquettes intitulé "Clap". Quand je suis sortie du spectacle le Dindon, j'ai vu un panneau présentant ce spectacle. J'ai pris un prospectus. Quelques jours plus tard, j'ai vu une démonstration dans la rue des claquettes avec trois des six danseurs. J'ai fini par me décider à aller voir le spectacle.

Je suis une grande amatrice des comédies musicales telles que "Chantons sous la la pluie!" même si mes connaissances sont très limitées sur le sujet. J'étais pleine d'espoir pour retrouver ce que j'aimais dans ces films. Et je n'ai pas été déçue. 

Ils n'ont pas juste donné un numéro de claquettes. Ils ont proposé une histoire avec des personnages et intégré les claquettes dans un ensemble. Six personnages viennent pour passer une audition, six personnages très caractéristiques. Les claquettes sont de la danse mais aussi de la bande sonore. C'est très ingénieux. Les six danseurs étaient très talentueux. Ils ont fait des clins d'oeil au cinéma muet et aux grands noms des claquettes. Ils ont été impressionnants dans la maîtrise de leur art. J'ai toutefois trouvé cela un peu long. Et pourtant le numéro final m'a tellement impressionné que je suis sortie de la salle très très enthousiaste. Ils ont un numéro très au point pour faire un bis et un ter et profiter encore et encore des applaudissements. C'était un final très sympa J'en avais mal aux mains tellement j'avais applaudi. Leur clin d'oeil au cinéma et à tous les aspects de l'art vivant (audition, écriture du scénario, contact avec les producteurs, répétitions...) rendent le spectacle complet et riche.

 

Clap 

Du 7 au 28 juillet 2012 à 12h15

Au Collège de la Salle

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:24

http://www.compagnie-des-lumieres.com/images/avignon2012.jpgCe texte de Jean Genet s'inspire d'un fait réel, l'histoire des soeurs Papin, des domestiques qui assassinèrent leur patronne. La pièce a été montée pour la première fois en 1947. Mais l'histoire inspira également des cinéastes, notamment Claude Chabrol qui réalisa La Cérémonie en 1955 avec Isabelle Huppert et Sandrine Bonnaire.

 

La version de Jean Genet débute par le rituel des deux soeurs Claire et Solange, l'une entre dans la peau de Madame et l'autre revêt les habits de sa soeur. Les spectateurs mettent du temps à comprendre ce qui se trame. Les prénoms s'entremêlent et le jeu monte en intensité. 

 

Dans la mise en scène proposée par Véronique Costa de la Compagnie des Lumières, les deux soeurs s'opposent et s'attirent. Elles se reflètent et se déforment. Les comédiennes expriment leur similitude et leur différence dans cette haine/amour qui les lie. Leur cérémonie essayant de préparer leur meurtre n'arrive pas à terme. Le réveil sonne, il est temps de ranger avant que madame n'arrive. L'arrivée de Madame les replonge dans leur rôle de "bonne". Cette haine/amour est aussi éprouvée envers Madame. Mais leur situation de domestique, l'attitude bienveillante mêlée de mépris les répugnent. Elles sont arrivées à un point de non-retour.

 

Les comédiennes Anne-Sophie Picard et Laetitia Vercken nous proposent des bonnes tout en force. Madame est interprêtée par Isabelle Montoya, une Madame pleine de prévenance et d'attentions, toute absorbée par le sort de son mari. 

 

Le décor est composé d'un miroir sans teint, d'une table avec lumière et téléphone du début du siècle et de rideaux blancs. Cette simplicité met en valeur le travail des trois comédiennes. Toutes les trois à travers ces rôles expriment tout leur talent. 

 

Les Bonnes de Jean Genet

Du 7 au 28 juillet à 14h30

au théâtre du Tremplin

8 ter rue Cornue

84000 Avignon

 

http://www.compagnie-des-lumieres.com/les_bonnes.htm

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 21:22

La pièce est issue d'un roman russe du même titre écrite par Bougakov et mise en scène par Simon McBurney, l'artiste associé au festival IN pour l'édition 2012. 

La pièce de théâtre dure 3h20, dans la nuit noire d'Avignon, sous le Mistral. Nous étions très bien placées avec ma mère, collées l'une à l'autre sous une couverture polaire.

 

Le spectacle entremêle trois histoires : l'histoire d'un poète Ivan qui rencontre dans les rues de Moscou le professeur Woland. Le professeur est intrigué d'entendre Ivan débattre de la véracité de l'existence de Jesus avec Berlioz, chef de la scène littéraire bureaucrate. Le professeur Woland va introduire une autre histoire celle de la rencontre entre Ponce Pilate et Jesus. Woland explique qu'il a été présent et qu'il peut tout raconter. La troisième histoire est celle du Maître et Marguerite. C'est une histoire d'amour entre une bourgeoise russe et un écrivain. C'est elle qui le surnomme "le maître". Son histoire est le récit de Ponce Pilate narré par Woland dans les scènes précédentes. Quand Woland rencontre des humains, ils finissent en général en asile psychiatrique. C'est dans cet endroit que Le Maître rencontre le poète Ivan. Le Maître va raconter à Ivan son histoire d'amour avec Marguerite.

 

La mise en scène de Simon McBurney s'inscrit dans l'espace de la cour d'honneur du Palais des Papes. Il a de ce fait réduit le décor à seize chaises et une petite cabine mouvante. Les décors sont faits par les lumières et des projections vidéos sur les murs de la cour. Pour changer de lieu, une carte mouvante de l'ancien Moscou nous emporte dans l'asile par exemple. Sur le mur latéral, on peut apercevoir des collines de Jérusalem quand le récit nous transporte au temps de Jésus et Ponce Pilate. 

 

Pendant tout le spectacle il y a une réflexion sur la lâcheté.

 

Certains spectateurs n'ont pas apprécié la présence de la vidéo. J'avoue que pour ma part, j'ai été bluffée. Je n'ai pas trouvé la vidéo envahissante, mais juste décorative ou parfois illusionniste. Elle ajoute de la science fiction à un récit qui n'était pas fait pour le théâtre. L'écriture romanesque n'a pas les limites imposées par l'écriture théâtrale et Simon McBurney oublie toutes ces limites en introduisant la vidéo dans sa mise en scène. En plus il s'appuie sur des comédiens d'une grande qualité de jeu.

Le spectacle est très rythmé, pas si facile à suivre avec la traduction sur les côtés. Mais il va marquer les esprits par sa modernité. Un grand spectacle par la qualité de jeu, par la mise en scène, par l'utilisation du lieu et par l'adaptation du texte à la scène.

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 19:04

http://www.avignonleoff.com/Ressources/OFF/Visuels/2012/Spectacle/web/spectacle_8040.jpgLe Dindon est une pièce de Georges Feydeau, écrite en 1896. Une pièce de théâtre avec des maris volages et des épouses prêtent à se venger. A l'origine, l'histoire se situe dans la petite bourgeoisie parisienne de la fin du XIXème siècle. Crépin Vatelin et Lucienne Vatelin vivent dans une belle demeure où ils reçoivent régulièrement des amis. La pièce commence avec l'arrivée de Madame Vatelin à domicile suivie par un inconnu qui s'avère être un ami de son mari, monsieur de Pontagnac. Sur ce arrive Ernest Redillon qui courtise Lucienne Vatelin et quelques instants arpès débarque madame Pontagnac. La pièce est faite de rebondissements, de quiproquo et de portes qui claquent. Cela parle surtout des relations mari/épouse/amant.

La compagnie Guépard échappé propose dans le cadre du festival OFF 2012 une version pleine de peps et d'entrain. Des musiciens en fond de scène proposent des intermèdes de musique de saltimbanque. Dans cette ambiance tsigane, le texte de Feydeau est mis en valeur dans son côté drôle et coquin. La mise en scène renforce l'absurde et le cocasse du texte original. Les comédiens s'en donnent à coeur (et à corps) joie.

C'est un régal pour les spectateurs. Le 14 juillet 2012, la salle était pleine et les comédiens un tonnerre d'applaudissement. 

 

Un grand spectacle, comme on aimerait en voir plus souvent !

 

Compagnie le Guépard échappée

Tous les jours au collège de la salle à 17h15 pendant le festival d'Avignon 2012

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 23:01

Spectacle du festival IN 2012, chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui.

 

Le spectacle est donné dans la carrière Boulbon. C'est à 15 km de la ville d'Avignon dans un lieu assez reculé où des gradins sont installés. Derrière la scène installée, nous voyons un demi-cercle de mur de pierres. Le décor du spectacle est fait de panneaux simulants des murs, des fausses pierres et des vraies pierres. 

Le spectacle commence avec une vidéo, montrant des salles de musée vides. Puis les danseurs entrent sur scène et rentrent en contact avec le décor, avec la pierre. D'ailleurs, on se demande pourquoi le spectacle ne s'appelle pas "tout autour de la pierre" ou un titre dans le genre.

Le spectacle mêle de jolis tableaux avec des moments un peu vides. A chaque changement de décors, un danseur fait un solo pour faire patienter les spectateurs. La thématique du puzzle représente la vie de façon un peu basique : on se cogne au mur, on se lie et se délie les uns aux autres. C'est un spectacle joli, on se souviendra des tableaux où la chorégraphie prend la troupe dans son ensemble.

Le décor amovible donne un peu l'impression que les danseurs  sont des grands enfants qui jouent au cube. ils montent et démontent régulièrement, font mumuse avec les panneaux et les cubes. Cela m'a rappelé mon neveu de 3 ans. Cela n'apporte rien, ni au spectacle, ni à la chorégraphie, ni au sens de la pièce.

Parmi mes connaissances, de nombreuses personnes ont vu le spectacle, avec toutes des avis assez opposés. Certaines ont été touchées, ont apprécié comprendre le sens de la chorégraphie. D'autres n'ont pas aimé le manque d'innovation, la faiblesse de la recherche chorégraphique par rapport aux autres créations de Cherkaoui. J'avoue ne pas connaître le chorégraphe. Je l'ai découvert avec cette oeuvre et je n'ai pas été emballé. Cela ne m'a pas touché, cependant j'ai apprécié des tableaux, des beaux moments de danse. 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 20:07

La première pièce que je suis allée voir au festival d'Avignon est dans le festival IN et s'intitule "Disabled Theater". Jérôme Bel est un chorégraphe et danseur. Il travaille sur ce projet avec les acteurs du theater HORA, des acteurs professionnels handicapés. Quand on se renseigne sur le concept de la pièce, on apprend que Jérôme Bel souhaitait que les acteurs ne jouent pas sur scène mais soient eux-mêmes.

Le spectacle raconte la rencontre entre Jérôme Bel et les acteurs parlant suisses-allemands. Sur scène, côté cour, une jeune femme au micro décrit les demandes du chorégraphe et traduit le texte des acteurs. Cela commence par "Jérôme demande aux acteurs de venir sur scène chacun leur tour une minute". Nous regardons les onze passer seul sur scène en silence. Au bout de dix minutes, des spectateurs ont quitté la salle. J'avoue que je comptais les secondes pour passer le temps en me demandant comment chaque acteur délimitait le temps sur scène. Cela allait de 45 secondes à 1minute et 30 secondes. Le plateau est à nouveau vide et une nouvelle instruction est donnée par la jeune fille en français puis en suisse-allemand. Là encore ils passent un par un, puis s'assoient sur les chaises mises à leur disposition. Une nouvelle question et encore chaque acteur passe l'un après l'autre. Une nouvelle insctruction : Jérôme a sélectionné 7 solos de danse. Il y a encore deux questions de Jérôme Bel passant par la traduction de la jeune fille avant le fin du spectacle.

 

Désagréable surprise. Je ne m'attendais pas à cela et cela ne m'a pas plu du tout. Le chorégraphe n'a pas du tout valorisé leurs talents. Ce sont des acteurs professionnels avec des handicaps, (souvent des trisomies 21, parfois des maladies mentales) et il les présente comme des individus sans lien, alors que c'est une troupe de comédiens professionnels. Cela donne une impression d'animaux de foire, attendant d'être jugé. Alors que la présentation dans le programme du festival IN explique que Jérôme Bel met en lumière le handicap pour le banaliser, j'ai ressenti tout le contraire.

Devant moi dans la salle, il y avait des jeunes gens entre 20 et 30 ans. Je voyais deux jeunes filles rire. Et je ne comprenais pas. Je trouvais les acteurs touchants, mais cela ne provoquait aucun rire ou amusement. Je regardais les têtes des spectatrices pour essayer de lire leur émotion. Sans comprendre. Le rire n'était pas moqueur. Mais pourquoi rire ? Phénomène étrange...

J'étais en colère contre ce concept vide de sens. Il ne banalise pas leur handicap. Il le montre du doigt. Il le montre à tous. Le chorégraphe ne leur fait pas confiance. Il décide de nous montrer en "spectacle" une séance de leur travail. Ce sont des acteurs professionnels et il ne valorise pas leur talent d'acteur. Il ne construit pas de pièce de théâtre, ni de chorégraphie, c'est juste une séance d'exercices et franchement, c'est un peu léger pour un spectacle de festival IN. 

 

Disabled Theater

Au théâtre Benoît XII

du 9 au 15 juillet 2012

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 17:26


http://www.babelio.com/couv-defaut-grande.php?mmk=99&ston=http%3A%2F%2Fecx.images-amazon.com%2Fimages%2FI%2F51zj1fZmJhL._SL160_.jpg

Ce livre est une saga romanesque sur une génération, sur une région et sur une partie de l'histoire de l'Amérique. Cela commence par une journée particulière dans la vie du héros, Léo King. Le jour où il va rencontrer des camarades de classe qui vont former sa bande d'amis pour longtemps. Ils sont tous originaux, même si j'avoue que parfois j'avais un peu de mal à les relier les uns avec les autres. Ils finissent au fil des pages à être caractérisé : une starlette, un homosexuel, un noir, et des orphelins (avec un lourd passé). Ils se connaissent à 18 ans, l'année de leur terminale, un peu par la force des choses. Des aventures vont forcer des liens à se créer, des amitiés et des amours. Pat Conroy ancre l'histoire à Charleston, en Caroline du Sud. Les descriptions nous emportent dans le Sud profond, dans une Amérique populaire. Le livre est une saga car il couvre une génération de 1969 à 1969. De l'adolescence de Léo King en passant par son métier de journaliste et sa vie sentimentale, Charleston Sud témoigne d'une Amérique en proie à des démons : racisme, pédophilie, violence conjugale... Les liens créés à travers ces obstacles semblent forts. Le lecteur s'attache à ce personnage principal. 

 

Le roman est riche en actions. L'écriture mêle ce qu'il faut de romanesque et ce dont nous avons besoin de description. On sent à chaque page l'amour de l'auteur pour cette ville. Le livre a reçu quelques critiques car les attentes des fans de Pat Conroy (12 ans depuis la dernière publication) n'étaient pas remplis. Mais le reproche principal est surtout qu'il ne se renouvelle pas, parlant toujours du Sud qu'il aime et de sa ville. Si comme moi, vous n'avez pas encore découvert l'auteur ce pavé de 583 pages mérite le détour. Il m'a longtemps suivi et j'ai été un peu attristé de le terminer, de ne plus suivre les aventures de cette bande d'amis.

 

Charleston Sud de Pat Conroy

Albin Michel, 2009

Titre original : South of Broad

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Lili, la Freudreuse - dans Littérature
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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 23:22

http://cours-espagnol-grenade-espagne.delengua.es/wp-content/uploads/2009/06/El-laberinto-del-fauno.jpgFilm de Guillermo del Toro sorti en 2006.

Je l'ai vu pour la première fois en 2007seule et revu ces jours-ci avec mon chéri. Il n'était pas très emballé par l'affiche ni par l'idée qu'il se faisait du film. Mais j'ai insisté, car je trouve que ce film vaut la peine d'être vu.

 

Synopsis d'Allociné :

Espagne, 1944. Fin de la guerre.
Carmen, récemment remariée, s'installe avec sa fille Ofélia chez son nouvel époux, le très autoritaire Vidal, capitaine de l'armée franquiste.
Alors que la jeune fille se fait difficilement à sa nouvelle vie, elle découvre près de la grande maison familiale un mystérieux labyrinthe. Pan, le gardien des lieux, un faune, une étrange créature magique et démoniaque, va lui révéler qu'elle n'est autre que la princesse disparue d'un royaume enchanté.
Afin de découvrir la vérité, Ofélia devra accomplir trois dangereuses épreuves, que rien ne l'a préparé à affronter...

 

Ce n'est pas un film que l'on peut catégoriser. Il n'est pas que fantastique et il n'est pas non plus qu'un film de guerre. Mais il est les deux à la fois. L'histoire d'Ofelia est aussi importante que le personnage de Vidal. Nous suivons leur intéraction ainsi que les relations avec Mercedes, l'intendante de la maison.

 

Dans ce film, il est question de monstre, dans tous les sens du terme. Les monstres qui font peur aux petits enfants, des êtres aux formes étranges et effrayantes ; mais aussi les monstres humains, caractérisés par leur inhumanité. C'est un film assez violent pour les scènes de guerre. Les scènes fantastiques sont aussi pleines de suspens. La violence nous rend sensible à l'imaginaire d'Ofelia et cette sensibilité nous rend vulnérable face aux scènes de forte violence.

Comme une oeuvre d'art, ce film a plusieurs niveaux de lecture : deux histoires en parallèle, de la symbolique visuelle (décor soit en prolongement de la symbolique du personnage soit en contradiction avec la tension ambiante). Cela donne un film très sombre et clair, un film touchant et choquant. Ces contrastes font que le film est une véritable oeuvre d'art.

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