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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 14:02
http://www.spectacles.carrefour.fr/item/160/1604399482091890510/Visuel_Moyen/iris560662872643616478.gifBlanche Dubois débarque chez sa soeur après avoir perdu le domaine familial. Stella, enceinte et mariée avec un immigré polonais, Stanley Kowalski, vit dans un appartement minable de La Nouvelle-Orléans au bout d'une ligne de tramway. Blanche, à la recherche d'un nid douillet, ne se remet pas du suicide de son mari. Elle ne devait rester que quelques jours mais son installation se fait dans la durée. Elle s'installe également dans une folie qui ne la quittera plus.

Les deux frangines sont issues de la haute-société, le beau-frère est ouvrier. Lutte des classes en toile de fond, donc. Mais ce tramway-là c’est surtout la lutte des corps –quasi-animale, par moments- et des esprits malades, les sentiments qui s’entrechoquent, le sexe et la violence, l’amour et la haine, la folie et la raison.

Un Tramway est une adaptation très libre du texte original de Tenessee Williams, par Wajdi Mouawad et mis en scène par Krzysztof Warlikowski. Le texte a perdu de sa force et de son caractère, dans cette nouvelle mouture. Des ajouts d'autres auteurs, de longs monologues pour Blanche filmée en gros plan et insertion de pauses musicales n'étaient vraiment pas utiles.

Les dix premières minutes nous mettent dans un malaise extrême, avec Huppert tanguant sur un tabouret au centre de la scène, dans un grand délire bouche pâteuse, essayant de se laver des horreurs qu'elle a enduré. Une entrée en matière que la fin nous rappellera par les reprises de réplique. Dès le début, on sait dans quel état finira Blanche. Isabelle Huppert, présente tout au long de la pièce, est incroyablement talentueuse. Elle passe d'un état explosif à un état très intérieur. Elle resplendit et irradie la scène.

Le rôle de Kowalski est confié à Andrzej Chyra. Florence Thomassin incarne Stella avec l'évolution de la légèreté vers la gravité. Son phrasé reproduit ces changements dans le rythme et dans le ton employés par la comédienne. La chanteuse Renate Jett propose des interludes chantés souvent trop longs et posés dans la pièce sans cohérence. Je ne remets pas en cause la qualité de la chanteuse capable de nous offrir des prestations aussi diverses que de grandes qualités. Mais comme les bonnes idées dans cette mise en scène, au départ, on apprécie, puis au fur et à mesure que l'histoire avance, l'ennui va grandissant.

La qualité de la prestation d'Huppert ne suffit pas à donner du nerf et du souffle à la pièce. La traduction plombe le texte. La mise en scène est remarquable, avec à chaque coin, un lieu défini et clair. Et pourtant... La salle de bain sur roulettes bouge sans arrêts et sans raisons. La vidéo ne sert à rien, les gros plans n'apportent rien. Ennui, même face à des scènes voulues violentes, on n'est même plus choqué, tellement l'ennui nous envahit. Parfois, mieux vaut respecter un texte original plutôt que d'en faire trop, sans raison.

Présentation de la pièce sur le site de l'Odéon

Avis du Monde.fr


Nouvelobs.fr article de la journaliste Odile Quirot

Critique positive sur le site de Libération

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