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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 13:12

Je ne peux pas vous conseiller cette pièce. Non pas parce qu'elle est mauvaise, bien au contraire, elle est excellente. Mais juste parce que la dernière était vendredi 9 avril au soir au théâtre du Châtelet.

 

Cet Opéra a été écrit en 1911 par Scott Joplin (connu pour avoir composé the Enternent, musique utilisée par la publicité Felix le chat). A sa création, le spectacle n'a pu être monté. Les blancs ne voulaient pas voir un spectacle avec seulement des noirs sur scène et les noirs ne se déplaçaient pas pour aller voir des opéras. En 1972, la fille de Scott Joplin a réussi à monter pour la première ce spectacle à Atlanta. Il remporta un succès et fut même enregistré sur disque.

 

Il débute avec les airs principaux des musiques du spectacle, seulement joué par l'orchestre, rideau fermé. S'ouvre enfin le rideau sur un décor simple avec un arbre gigantesque, l'arbre où Monisha a été découverte bébé. L'introduction pose les personnages. Le village est très croyant en ce qui concerne la sorcellerie, excepté une jeune fille Treemonisha, une des rares villageoises à avoir eu droit à une éducation. Les parents expliquent à Monisha qu'elle a été adoptée, trouvée au pied de l'arbre et qu'elle ne doit pas utiliser les feuilles de cet arbre pour composer sa couronne. Elle décide de partir dans la forêt chercher des feuilles mais les sorciers la kidnappent et veulent la punir de son incrédulité.

http://www.spectacles.carrefour.fr/item/166/1660808002007603945/Visuel_Moyen/iris4330173918882690317.gif

Souvent présenté comme le premier opéra ragtime, Treemonisha est en réalité un opéra lyrique avec deux ou trois airs sur du rythme ragtime. Mais seul le rythme peut être considéré comme ragtime. Le chant reste lyrique. Les passages en choeur sont d'une beauté à faire hérisser les poils. De plus, un article publié dans le Monde datant du 2 avril 2010 explique qu'il existait avant cette pièce d'autres spectacles lyriques pour et avec des noirs. Peu importe. Cette pièce de cent ans a des raisonnances très actuelles. Les problèmes de la communauté noire que Scott Joplin voulaient aborder sont l'inégalité causée par l'analphabétisme. Ce thème a été traité par Mozart dans la Flûte enchantée où la connaissance et la sagesse de Zarastro sont opposés à l'obscurantisme de la reine de la nuit. Ici encore, l'auteur oppose Education à la superstition et à l'osbcurantisme.

 

La mise en scène proposée au théâtre du Châtelet mêle le chant, la danse et le théâtre. Les chorégraphies sont signées Bianca Li. A l'image de la modernité du sujet, la mise en scène respecte les règles d'un opéra avec une introduction de danse moderne (style hip-hop et jazzy) et l'incarnation des personnages par un jeu en finesse. Heureusement aucune sonorisation n'a été rajouté. Les voix et les instruments n'ont nullement besoin d'être renforcé par des micros. Les danseurs et les chanteurs du choeur sont tout autant remarquables que les premiers rôles. Si je devais un seul reproche cela concernerait une des dernières chansons. Les chants étant en anglais, les paroles étaient surtitrées en français et de lire en continue que le mal c'est pas bien. Au bout d'un moment, on souhaiterait qu'il dise autre chose. J'ai fini par ne plus lire pour apprécier le chant car c'était un peu trop simpliste comme texte. Heureusement le spectacle se termine sur une autre chanson, entrainante et pleine d'espoirs.

 

Le soir de la dernière c'est une véritable ovation qui a clôt la soirée : applaudissement pour les figurants, les danseurs, les chanteurs, les rôles. Puis une chanson. Encore des applaudissements. Ensuite de la danse. Encore des applaudissements. Montée du chef d'orchestre et saluts des musiciens. Encore des applaudissements. J'en ai eu mal aux mains, un spectacle et des chanteurs vraiment émouvants.

 

Treemonisha au théâtre du Châtelet du 31 mars au 9 avril

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