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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 21:56
Olivier Py, directeur du théâtre de l'Odéon, mais surtout dramaturge et metteur en scène propose pour la deuxième année des représentations hors des murs. Au cours de la saison passée, deux comédiens jouaient une version courte des Sept cotnre Thèbes d'Eschyle. Cette année, les Suppliantes ont été traduites et adaptées par Olivier Py pour trois comédiens. La pièce dure dans cette version moins d'une heure et garde dans tous les thèmes abordées une modernité impressionnante.

Les trois comédiens pendant plus d'un mois tournent dans la région parisienne pour proposer des représentations à la rencontre d'un nouveau public : centres culturels, entreprises, collèges, lycées... La mise en scène a été étudiée pour s'adapter à toutes les salles. Ce jeudi 18 mars, la pièce a été jouée à l'espace Henry Miller à Clichy (92). La salle de spectacle de ce centre culturel a été transformée. Les estrades où le public s'assoit en temps normal ont été rangées. Trois rangées de chaises faisaient ainsi face à trois autres rangées de sièges. Le couloir formé par ce face-à-face était délimité par une bande blanche et correspondait à l'espace de jeu. Cette disposition est très surprenante. Pas de scène à proprement parler ni d'espace de jeu, ni de possibilité de distanciation.

La pièce commence sans prévenir. Pas de noir, pas de rideau, seule l'arrivée de la comédienne nous indique que cela a débuté. Une heure de spectacle. 50 suppliantes sont incarnées par une seule et immense comédienne. Un talent incroyable. Ces suppliantes sont dans une cité grecque et demandent asile et protection. En effet, elles craignent l'arrivée de leurs frères Egyptiens. Peur d'être enlevées, violées et agressées dans leur corps et dans leurs âmes. Mireille Herbstmeyer incarnant les Suppliantes est soutenue par deux autres comédiens : Philippe Girard qui joue leur père et Frédéric Giroutru, le roi de la cité grecque. Cette pièce aborde des thèmes modernes importants : immigration, demande d'asile, violence faite aux femmes... tout en se déroulant dans une antiquité polythéiste. La traduction d'Olivier Py est riche et poétique. La qualité des comédiens est indéniable.

Ce projet d'un théâtre hors les murs est difficile à porter. A Clichy, la salle était pleine. Une grande majorité de femmes. Des femmes issus d'association d'insertion, d'alphabétisation, et de proximité. Avant de voir la pièce, elles se sont vues pour préparer cette confrontation avec Eschyle. Mais cette mise en scène et cette présence des comédiens au milieu du public est une réelle prise de risque. Sans rideau, sans noir, sans coupure entre la réalité et le début de la pièce... Surprise et rires. Des fous rires sont survenus régulièrement pendant cette tragédie. Sans comprendre pourquoi. Des rires qui ne gênent aucunement les comédiens mais la concentration des autres spectateurs. Une femme qui répond à son portable, d'autres femmes qui papotent... Ce n'est pas un public de collégiens de banlieue avec des avions qui volent, des bavardages et des mouvements dans les rangs... Pourtant, le contact avec cette pièce n'a pas été facile. Je me suis régulièrement demandé si le texte résonnait en ces femmes dont la langue maternelle n'est pas le français comme il résonne en moi.
Rires, fous rires... De la gêne ? De l'ennui ? il suffisait qu'une femme cache sa bouche, qu'elle bouge ses épaules et un effet de domino provoquait un fou rire sur cinq ou six femmes autour d'elle.

A la fin de la pièce, un pot était proposé. Nous avions la possibilité d'échanger avec les comédiens. Mais finalement, j'aurais préféré plutot discuter avec les autres spectatrices. Savoir comment elles avaient vécu cette soirée. Je ne savais pas quoi dire aux comédiens à part mon admiration pour leur travail et leur concentration. Mais il n'y aurait pas eu d'échange, alors qu'avec les autres spectateurs c'est toujours un plaisir de partager les sensations de cette soirée.

Voici les prochaines dates pour pouvoir échanger avec vous :
LUNDI 22 MARS                
à 12h30, Association Gombault Darnaud, Paris 17e
à 18h30, Collège-Lycée Saint-Louis, Viry Châtillon, 91

MARDI 23 MARS
à 12h30, CE Drac Ile de France, Paris 11e
à 20h, Centre d'animation La Jonquière, Paris, 17e

MERCREDI 24 MARS
Déjeuner, CE Opéra Bastille, Paris 12e
à 17h30, Lycée Saint-Louis, Paris 6e

JEUDI 25 MARS
à 13h, Lycée Henri Moissan, Meaux, 77
à 18h, Lycée Galilée, Combs-la-Ville, 77

VENDREDI 26 MARS
Déjeuner, CE Axens, Rueil-Malmaison, 92
à 17h30, Lycée Daniélou, Rueil-Malmaison, 92

SAMEDI 27 MARS
à 17h, Maison Rouge, Paris, 12e
                
LUNDI 29 MARS
à 16h30, Collège Maurice Utrillo, Montmagny, 95

MARDI 30 MARS
à 14h, Lycée La Tour, Paris, 16e
à 18h, INJA, Paris, 7e

MERCREDI 31 MARS
à 14h, Lycée Sévigné, Paris, 5e
à 19h,  Lycée Fénelon, Paris, 6e

JEUDI 1er AVRIL
à 13h30, Collège Couturier, Argenteuil, 95

VENDREDI 2 AVRIL
à 14h, Ecole Nationale de Commerce, Paris, 17e
à 20h, Collège Jean Zay, Bondy, 93
                
MARDI 6 AVRIL
à 12h et à 15h, École Active bilingue, Paris, 15e
 
MERCREDI 7 AVRIL
à 13h30, Lycée Charles de Foucauld, Paris, 18e
  
JEUDI 8 AVRIL
à 13h30, Collège Octave Gréard, Paris, 8e
à 19h30, Lycée franco-allemand, Buc, 78

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