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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 12:39

Une pièce à la Comédie française suppose un choix d’acteur de qualité et une mise en scène typique. On s’attend souvent à un phrasé particulier. Avec ces idées en tête, aller voir Ubu roi paraissait une idée saugrenue.


 

Et pourtant…

 

Cette pièce écrite par Alfred Jarry reflète sa jeunesse et sa douce folie. Elle parle du père Ubu qui devient roi avec tous ses excès. La mère Ubu joue le rôle de la conseillère comme toute bonne première dame qui se respecte. Excès, gourmandise se transforme avec le pouvoir en avarie, violence et tyrannie.


 

 

Les acteurs sont d’une justesse incroyable. Pas de faux pas sauf si le metteur en scène le souhaite. Le casting donne à chaque personnage une vie et un éclat. Le père Ubu et la mère Ubu ont un côté Laurel et Hardy autant par leur physique que par leur effet comique. Les nombreux seconds rôles sont joués par un groupe de comédiens qui ont le talent de passer d’un rôle à l’autre avec justesse.

 

Le décor est composé d’une colonne d’un côté et de l’autre un mur : chacun de couleur grise avec briques et mur nu. Ca m’a fait penser au décor du film Saw, effet glauque. Ca renforce l’ambiance pour les scènes de massacre. Un autre film m’est revenu en mémoire. C’était un film ukrainien présentant un dictateur mêlant les grandes figures historiques tyranniques. Le personnage de ce film ressemble dans les excès au Père Ubu. J’avais eu l’occasion de voir cette même pièce au festival d’Avignon dans la cour du collège St Joseph et j’ai des souvenirs d’amusement et d’une mise en scène beaucoup plus folles et excessives. L’arrivée du père Ubu était imposante. Il déboulait sur une colline comme pour nous conquérir avant de conquérir le pouvoir. La mise en scène à la Comédie française s’appuie plus sur la qualité exceptionnelle des comédiens que sur la folie d’un décor. Mais à chaque représentation d’Ubu roi, j’aurai un souvenir mémorable

 

Surtout il ne faut pas passer à côté de l’humour de cette pièce. Alfred Jarry n’écrit pas de jeux de mot mais des situations grotesques d’une drôlerie. Du gag classique (la mère Ubu qui retire la chaise quand le père Ubu essaie de s’asseoir) au comique de répétition, le public rit, s’amuse et réfléchit.

 

Une pièce à voir ou revoir mais surtout à découvrir.


 

Du 23 mai au 21 juillet à la Comédie française.

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